Mercredi 1 avril 2009

Un Royal Conseil d’Ecole est une réunion traditionnelle très fortement ritualisée. Jusqu’il y a peu, elle se pratiquait en une forme dansée.  Elle fut jugée trop archaïque et abandonnée. La réunion traditionnelle n’a donc gardée que les parties chantées. Enfin si l’on peut qualifier de chant de longues hululations qui se  perdent dans les aigus, Ces chants traditionnels pour Conseil Royal d’Ecole font passer les polyphonies corses pour de douces berceuses.

La directrice de la Royale Ecole Maternelle est le pivot du Royal Conseil d’Ecole. Elle est un véritable maître de cérémonies et grande experte des relations entre les acteurs. Autours de la directrice se groupent : les représentants du prévôt des marchants de la ville, un fonctionnaire des services aux compétences techniques,  les enseignants royaux, dont votre serviteur, et les représentants des parents. Dans le cas de notre école, nous avons été les chercher, un par un, pour réussir à en avoir trois autour de la table. Dans certaines écoles royales, on les tire au sort, c’est moins drôle.

Il est vrai que la cérémonie est assez ardue. Elle commence par le long lamento en solo de la directrice. Ce chant s’apparente à un mélange de chants tyroliens, de jazz-skat et de bi bop, dans lequel, il est possible d’exposer tous les projets de l’école, les demandes de travaux et l’état de la coopérative. Ce long chant dure entre une heure et deux, en fonction de la constitution de la directrice. Il est entrecoupé par de parties dialoguées avec le représentant du prévôt et les choeurs des enseignants qui reprennent certains points. Cela constitue un spectacle roboratif pour les tympans et les neurones qui sont en bout de chaîne.

Il n’est pas rare que les parents gardent le silence. C’est une des raisons de la perte des traditions baltudiennes, faute de participants assidus. C’est bien dommage, car ce soir là, le Conseil Royal a été émouvant. Il a été possible d’assister à un serment solennel du représentant des espaces dits verts. Il s’est joint à la mélopée en jurant que l’approvisionneraient du bac à sable de l’école, serait fait pendant les prochaines vacances. Il est vrai que les services Baltudiens ont une conception assez précise de l’intérêt des enfants au sein des écoles maternelles. Un bac à sable ne peut pas être remplit plus de trois mois de l’année scolaire baltudienne. Au delà, il est sans doute préjudiciable que les élèves y jouent pour des raisons que seuls les dits services connaissent.

Pour un jeu fraîchement installé depuis un an, l’agent jura que son chef harcelait l’entreprise au téléphone. En un an, il avait servi un mois, avant qu’un joint ne se détache. Depuis, il était décoré de jolies barrières. Un an d’harcèlement ! Le conseil nota le courage de ce fonctionnaire zélé qui risquait sa carrière depuis un an, pour l’intérêt de ces petits êtres joyeux et primesautiers que l’on nomme enfants. Le dit jeu avait donc peu servi aux élèves, peu mais intensément.

La réunion fut entrecoupée par les adieux en adagio du représentant du prévôt. Il avait déjà interprété au cours de la soirée les airs : de la fiche des travaux vivace, l’état des autres écoles largo et si j’avais de l’argent andante. Merveilleuse soirée dont l’interprétation devient malheureusement trop rare dans nos belles écoles baltudiennes.

Par Alfred Lancelin
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