Samedi 21 mars 2009

Je vous avais promis de vous parler de Gupta, « le meilleur d’entre nous ». Il est vrai que son départ de l’école nous avait traumatisé. Et c’est peut-être une des raisons de l’interruption momentanée de ce blog. Nous nous sommes donc lentement remis de son départ et je peux, aujourd’hui, honorer sa mémoire.

 Il y a tellement de souvenirs que je ne sais pas par où commencer. Gupta Baraboudour passa une belle et longue année dans notre école. Je le revois encore trottinant et psalmodiant quelques mantras bouddhistes, suivi par ses turbulents élèves. Ce jeune et frais cinghalais, sorti de notre Institut Royal de Formation des Maîtres était tout à sa tâche, en chantant tout le temps.

 Je ne peux passer sous silence, mon admiration pour la profondeur de son interprétation des contes pour enfants. Plus d’une fois, ses élèves émerveillés m’ont rapporté la morale contenue dans barbe bleue. Je salue l’audace de notre collègue de raconter barbe bleue à des enfants de trois, quatre et cinq ans. Il est vrai que la société moderne a tendance à édulcorer les contes. Avec celui là, il n’y a pas de risques. C’est le retour à la violence contenue dans la réalité du couple. Et les élèves subtilement rapportaient la morale de l’histoire « qu’il ne fallait pas battre sa femme ». Il est vrai que si on évite de les battre, on ne les tue pas après.

 Les élèves de Gupta ont rapidement acquis une sagesse qu’il a été possible de noter dans les évaluations nationales de Grande Section. Leurs particularités surnaturelles se sont traduites par l’obtention d’un cent pour cent dans tous les items de l’évaluation. Les résultats de la classe de Gupta ont remonté le niveau des évaluations de tout le secteur de notre sous-chef Monsieur le Béheau…

 Il serait trop violent de tout dire en une seule fois, il faut en laisser pour une prochaine fois. Pour finir, je me souviens de ces trop courts moments de récréation, où, j’acquis une connaissance précieuse et très pointue des différents mantras bouddhistes. Notre école était trop étroite pour un si grand esprit, il s’est donc naturellement envolé. Terminons, par son aphorisme préféré, celui du taureau : "Je vois et quand l'œil est ouvert tout est illuminé"…

Par Alfred Lancelin
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Retour à l'accueil

Publicité

Présentation

Créer un Blog

Recherche

Calendrier

Novembre 2009
L M M J V S D
            1
2 3 4 5 6 7 8
9 10 11 12 13 14 15
16 17 18 19 20 21 22
23 24 25 26 27 28 29
30            
<< < > >>
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus