Lundi 23 juin 2008

Bon, il fallait que cela arrive. Notre sous chef Monsieur le Béheau s’est converti aux méthodes de "management" de pointe. Tout a commencé par les évaluations de nos Grandes Sections. Je vous traduis : au même moment, dans toutes les écoles maternelles, nous faisons passer les mêmes tests à tous nos élèves de dernière année. Une fois les évaluations passées, nous les corrigeons, comparons et allons pleurer ensemble dans la salle des maîtres. Jusque là, c’est du banal et du routinier dans nos vies de maître d’école. C’était sans compter avec notre sous-chef, Monsieur le Béheau.


 

Une officielle injonction de sa part, nous a contraint d'envoyer le meilleur d’entre nous pour saisir les évaluations. C’est notre cher collègue Gupta qui s’y est collé. Pour ne pas compliquer notre récit, je vous parlerai de Gupta une autre fois. Il s’acquitta donc de sa noble tâche, un samedi matin. Le lundi qui suivit, il revint à l’école, fier de son devoir accompli.

 

Une semaine de quiétude passa dans notre belle école maternelle. A la réunion hebdomadaire des maîtres, notre bien aimée directrice nous montra l’enveloppe contenant les résultats de nos évaluations. Elle décacheta le sceau royal que le sous-chef avait apposé. Gupta trépignait d’impatience et nous étions tous muets à l’idée des performances de nos chers élèves. Nous fûmes très surpris et c’est à partir de là que notre vie professionnelle changea.

 

Les compétences des dits élèves étaient bien là. D’ailleurs, chaque compétence était représentée par un bâton. Il y avait aussi de la couleur. Chaque couleur correspondait à une classe. Et chaque classe avait le nom de l’enseignant. Pour faire joli, chaque bâton de couleur était placé à côté d’un autre. Nous pouvions donc connaître et comparer les performances de nos élèves, par rapport à ceux de Gupta, d’Elvire et de tous les collègues. C’était très intéressant pour les élèves… De plus, une autre feuille était jointe à celle de nos résultats. C’était les primes liées à nos résultats : un jambon de Bayonne, un poulet élevé au grain, une montre à gousset et deux portes-clefs. Les deux derniers prix étaient des encouragements personnels de notre sous chef Monsieur le Béheau. Il était aussi écrit que les primes arriveraient bientôt par la poste.

 

Quelqu’un se hasarda à parler des instructs (voir l’article le piège), pour améliorer nos résultats, mais plus personne n’écoutait. Chacun songeait, qui à son jambon, qui à son poulet, ou son porte-clef. Il n’y a pas à dire, la Baltudie sous Bling est un royaume merveilleux.

Par Alfred Lancelin
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Commentaires

Oups, nous n'avons reçu ni jambon ni poulet ni même encouragements...Comment l'interpréter? Rebellion rebellion...
Commentaire n°1 posté par Liline61 le 24/06/2008 à 07h16
Le petit poète déambule parmi les manifestations essentielles de chacun (e)… il s’enquiert de toute lumière…et vous convie au partage des émotions… Amicalement. Excellente année 2009, amicalement, René.
Commentaire n°2 posté par René le 14/01/2009 à 20h00

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