Mardi 10 juin 2008
« Je souhaite qu’on apprenne à chacun d’entre eux à respecter le point de vue qui n’est pas le sien, la conviction qu’il ne partage pas, la croyance qui lui est étrangère, qu’on lui fasse comprendre à quel point la différence, la contradiction, la critique loin d’être des obstacles à sa liberté sont au contraire des sources d’enrichissement personnel.

Être bousculé dans ses habitudes de pensée, dans ses certitudes, être obligé d’aller vers l’autre, de s’ouvrir à ses arguments, à ses sentiments, de le prendre au sérieux est une incitation à s’interroger sur ses propres convictions, sur ses propres valeurs, à se remettre en cause, à faire un effort sur soi-même, donc à se dépasser. »


Bling Ier, ordonnance royale aux maîtres d’école, septembre 2007.

Cette ordonnance de notre roi et co-prince de Baltudie, Bling Ier est un pur joyau. Pour ceux qui ne connaissent pas notre cité état cela peut paraître un peu ronflant, mais il n’en est rien. Il faut savoir que chaque parole, chaque mot de notre suzerain sont consignés par le scribe royal. La tradition baltudienne veut que la somme des chroniques d’un suzerain, à la fin de son règne soit soumise à l’ordalie du feu. Ce qui ne sera pas consumé par le feu sera considéré comme le testament du roi. Celui-ci sera l’objet d’exégèses pointues dans nos universités.

On peu donc comprendre l’inquiétude des actuels chroniqueurs à l’idée que survive au feu les propos : "Alors casse-toi pauvre connard" à l’encontre d’un paysan, plutôt que notre magnifique ordonnance royale.

Pour ma part je fais une totale confiance à la providence. De plus je crois que l’ordonnance et l’objurgation agricole font parties d’un même corpus théorique. C’est les deux faces de l’action de notre bien-aimé suzerain.

Je m’explique. Nous savons tous que connard dérive du vieux français connin. Il s’agit de notre moderne lapin. Notre roi et co-prince a tout de suite identifié l’éleveur de lapins, à qui il s’adressait. D’abord, faisons honneur à son sens du respect des personnes dans leur labeur quotidien. De plus, la qualification de pauvre n’est pas du tout injurieuse. Il s’agissait de faire ressortir la dureté de la condition de nos éleveurs de lapins. Cela se précise donc. Finissons par le « casse-toi ». C’est une expression bien connue dans nos campagnes pour signifier que l’ami n’a que trop tardé à rentrer chez lui. Voilà, là où certains y voyaient un manque d’élégance, voire de la grossièreté, nous découvrons une préoccupation constante de notre cher Bling pour la Baltudie agricole du bas. Je le crois, le corpus oral de notre altesse sérénissime est de loin le plus progressiste que la Baltudie aie connue.

L’histoire et l’exégèse son bien parties pour célébrer la période que nous vivons comme une des plus fastes. Les générations futures vont bien nous envier.
Par Alfred Lancelin
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