Samedi 7 juin 2008
Eloignons nous du tumulte du monde Bling, pour nous replonger dans la quiétude de sanctuaire, dont bénéficient nos chères écoles maternelles

 

Il y a dans nos écoles maternelles de nombreuses aides au bienheureux enseignant, dont les statuts ont été tous copiés à notre républicaine voisine. Par exemple, l’agent territorial spécialisé des écoles maternelles, l’ATSEM est une aide précieuse. Il y a aussi l’Aide de Vie Scolaire, pour les enfants qui ont des difficultés. L’enseignant est donc une sorte de chef d’orchestre qui porte toute la responsabilité de ce qui passe dans sa classe avec ces aides. Il y a donc des règles, dans notre Service Royal, qui obligent à ce que les aides ne s’éloignent jamais de l’enseignant. Une équation simple permet de résumer cela : enfants avec Atsem (ou AVS) = périmètre visuel de l’enseignant. Notre équation est source d’un infini bonheur quand tout va bien, mais elle peut être parfois la cause d’une certaine complexité.

 

Noëmie est une collègue exerçant son métier au sein du quartier nord. (C’est une lectrice de ce blog). Elle m’a rapporté son aventure. Elle a la joie de compter sur une AVS dévouée et motivée par la noble mission que lui a confiée l’éducation royale.

 

Pris d’un élan artistique elle se pris de faire peindre avec du drawing gum, l’enfant bénéficiant de l’aide de l’AVS. (le drawing gum est une pâte grise très odorante servant après séchage à laisser les traces en négatif du dessin.) Il faut d’abord noter que les ATSEM ne sont pas fans de ce procédé, qui souille légèrement la classe, mais s’il fallait que tout le monde donne son avis pour faire des activités, on ne ferait que du dessin au crayon. La classe maternelle n’étant donc pas un conseil ouvrier, Noëmie demanda à son AVS blonde décolorée d'effectuer un travail artistique avec l'enfant. L’AVS, l’enfant et la maîtresse se sont donc retrouvés au coin peinture pour la liturgie des Arts Visuels. Pour lancer l’activité, Noëmie a pressé la bouteille pour en faire sortir la pâte. Parfois la pâte durcit et a du mal à sortir, mais c’est mal connaître la détermination de notre collègue. Résultat : Noëmie pas une goutte, l'enfant 2 gouttes sur le front et l'AVS une constellation de quelques milliers de gouttes des lunettes jusqu’au pantalon... Plus d’Arts Visuels et une longue séance de débarbouillage pour l’AVS toujours blonde mais moins décolorée.

 

Plus tard, en salle des maîtres, où aboutissent les petits et les grands drames des écoles, Noëmie s’est ouverte au monde palpitant des assurances en faisant une magnifique lettre pour l’assurance de l’AVS blonde, redevenue décolorée. Depuis Noëmie a pris des mesures. Elle nous a fait parvenir une photo de sa classe. Jugez vous-même.


 

Par Alfred Lancelin
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Mercredi 4 juin 2008
Ce qu’il y a de bien en Baltudie, c’est qu’en cherchant on trouve. Après l’annonce de Bling sur la formation des maîtres, je me suis précipité sur la presse syndicale baltudienne qui traîne dans la salle des maîtres. J’y ai trouvé un fanzine du syndicat Nord. Je n’ai pas résisté à découper un extrait de leur prose.

Nos vaillants syndicalistes y expriment avec un style, que votre serviteur envie, les travers de notre roi Bling Ier l’énervé. Si l’action suit la prose, bientôt les gueux vont brûler les carrosses. A moins que cela ne soit que du texte, une espèce de blog de papier, un internet lent en quelque sorte… Rien de bien important pour s'opposer à notre bien-aimé Bling...
Par Alfred Lancelin
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Lundi 2 juin 2008
Bling et l’Education Après des lustres de suzerains incompétents, mais après tout sympathiques, notre royaume était calme. Nos rois débonnaires et affables ne s’occupaient pas du peuple mais faisaient bien semblant. Il y eut d’abord François III le polygame. Féru d’architecture et de postérité, il laissa beaucoup de constructions personnelles. A sa mort, lui succéda Jacquot V le sympathique. Celui-ci se distingua par son amitié envers le monde rural. Jacquot V ayant abdiqué en raison de son grand âge, il laissa les rennes du royaume à Bling Ier l’énervé. Notre bien aimé roi porte ce distinctif en raison de l’altercation avec un paysan lors d’une foire agricole royale. Il le porte aussi pour la raison que notre bien-aimé suzerain, ne peut s’empêcher de se mêler de tout et de passer tous les jours à la télévision.

Aujourd’hui, lors de son passage quotidien, il s’est mêlé de notre recrutement. Ma première intuition c’est qu’il y a une logique à toute parole de Bling l’énervé. Cette logique est souvent simple, très simple. Nous allons être recrutés au niveau du master d’université et formés à l’université. C’est une très chouette et simple logique. Je loue la royale et providentielle clairvoyance de Bling Ier l’énervé. Il s’agit d’éloigner le plus loin possible le lieu de formation des futurs maîtres des enfants. Et c’est très, très, très astucieux. Pourquoi ? Pour qu’ils ne puissent pas rencontrer des groupes d’enfants, évidemment !

Cette royale proposition évitera le découragement de voir de trop près à quoi ressemble une classe. Le jeune étudiant aux prises avec les palpitants concepts d’aire proximale de développement serait démoralisé s’il voyait les heureux destinataires de son savoir. Il est donc logique de prendre un maximum de précautions avant de lancer nos futurs collègues dans la dure réalité de maître d’école. Il serait même souhaitable d’éliminer tout candidat qui aurait travaillé dans un centre de loisirs ou eu une velléité d’avoir lui-même un enfant.

Nous reconnaissons là le souci de Bling Ier l’énervé d’épargner de trop dures épreuves à nos jeunes qui entrent dans le monde du travail. Mieux protégés, mieux payés et loin du terrain. C’est la devise de notre bien-aimé suzerain, pour lui-même et les autres. La Baltudie c’est quand même le plus beau pays au monde !
Par Alfred Lancelin
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Mardi 20 mai 2008
Par Alfred Lancelin
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Vendredi 16 mai 2008
Mercredi

Il y a beaucoup à écrire. D’abord la corvée royale a été menée à bien. Nous en avons profité pour nous réunir entre nous, puis nous réunir avec nos chères collègues de l’école élémentaire. Pour cette deuxième réunion, chaque groupe d’enseignants avait son échantillon gratuit. J’avais amené mon plus jeune fils et une des jeunes collègues de l’élémentaire avait amené sa fille.  La réunion s’est bien passée, nous étions à égalité. Les échantillons ont gambadé autour de la table de réunion, échangé des mimiques et quelques bogomilismes, mangé des gâteaux, léché un écran d’ordinateur et joué. L’œil de la psychologue scolaire brillait. C’est la preuve de la réussite de la réunion : les enfants se sont épanouis dans un cadre pédagogique bienveillant.

Jeudi

C’est jour de jacquerie. Après la corvée où l’on travaille sans être payé. Nous avons décidé de ne pas travailler, tout en n’étant pas payés non plus.

Il est vrai que le mécontentement gronde dans les écoles royales baltudiennes, mais à moins de brûler quelques carrosses cela ne changera rien.

Notre co-prince Bling Ier s’est entiché du ministre Dark Oz dont les conceptions procèdent du côté obscur de la force. Bling Ier est tellement sous l’emprise de ce seigneur Sith du sud de la Baltudie qu’il veut faire garder les élèves les jours de jacquerie par les services de mairies.

Dans certains de nos villages ruraux cela reviendra à faire l’accueil par les gardes champêtres et les secrétaires de mairie. Bling va vite faire adopter une ordonnance royale par la diète pour obliger toutes les mairies à juguler les jacqueries enseignantes. C’est bien dommage d’enfermer ces pauvres fonctionnaires territoriaux dans les écoles !
Par Alfred Lancelin
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Mardi 13 mai 2008
"La corvée royale est un impôt assez tardif de l’Ancien Régime. Elle ne devient effective que sous le règne de Louis XV. Son but essentiel est la création et l’entretien des voies de communication et des ouvrages d’art nécessaires. Elle a permis de construire en France un réseau de routes royales unique en Europe.

Il n’y a pas de mesures d’ensemble qui fixent les modalités de la corvée royale. Elle est donc arbitraire et très inégale selon les généralités, le Languedoc n’en connaît pas l’usage. D'après une instruction de 1738, les nobles, les ecclésiastiques et leurs domestiques, les habitants des villes, les septuagénaires, les instituteurs, les bergers de grands troupeaux en sont exemptés. Les ruraux corvéables doivent résider à moins de 2, 3 ou 4 lieues des chantiers, les plus éloignés sont dispensés. La durée varie de 6 à 30 jours annuels (ce qui est lourd pour les travailleurs ruraux)."
                                            Définition Wikipédia : http://fr.wikipedia.org/wiki/Corv%C3%A9e_royale

Demain, en Baltudie et nulle part ailleurs, c'est le demi-jour de corvée royale. Nous nous réunissons dans nos écoles sans les enfants (c’est mieux) et nous faisons ce que nous savons faire de mieux. Nous parlons. Tout ça gratuitement pour aider les caisses royales de solidarité. C’est une idée d’un publicitaire de notre ancien monarque. C’est pourquoi, nous commençons ces réunions en faisant une ronde et nous entonnons l’hymne royal baltudien. « Toi roi sublime, soit notre soleil coruscant ». Je suis impatient ! Vivement demain !


Par Alfred Lancelin
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Samedi 10 mai 2008
La rencontre de jeunes collègues est toujours une fête. C’est l’opportunité pour les enseignants aguerris de se tenir informés des dernières innovations pédagogiques de notre Institut Unique de Formation.

Notre jeune et innocente collègue Marielle revenait d’une formation dispensée par un binôme de conseillers d’instruction pédagogique. Là, elle avait longuement écouté (c’est ce que font le mieux les maîtres d’école lors des formations), la parole instructrice. Elle apporta à nos incrédules oreilles un concept ébouriffant. Le plus vieil des deux instructeurs avait abordé l’importance de la consigne donnée à l’élève. (Je traduis pour les gens normaux : c’est ce que l’on dit aux petits enfants pour les mettre au travail.) Il avait préconisé, qu’écris-je, il avait injoncté (désolé pour ce néologisme douteux), les jeunes et innocents collègues à ne plus utiliser le terrible et cruel mot « piège ». En effet, et je cite Marielle citant le vieil instructeur : « Sommes-nous en classe pour piéger les élèves ? »

En effet toute une bande d’enseignants pervers utilisent ce mot pour signifier à nos chères têtes blondes de ne pas se tromper en collant les gommettes.

Dans notre salle des maîtres, le débat portât d’abord sur l’éventuelle confusion que l’instructeur pédagogique pouvait faire avec les pièges à loup. Peut être qu’il avait aperçu dans une école des pièges à loup sur un parcours de motricité et il s’inquiétait de leur généralisation. Marielle nous rassura.

Après quelques heures de récréation et de débat, nous ne pûmes conclure à la résurgence des courants pédagogiques analytiques. Nous étions tous à notre joie, de voir à nouveau des idées formulées par lors de la conférence princeps de Ferenczi de 1908, poursuivies par les suisses Pierre Bovet et Hans Zulliger, portées par Bychowski, Weisse, Kuending, Zulliger, Meng, Schramm et nous nous arrêterons là pour ne pas lasser. Nous décidâmes alors de ne plus utiliser le mot piège avec nos élèves. Par quoi donc remplacer le mot piège ? Cela ne fût pas dit par les zélés instructeurs… Fichtre ! Après un long brainstorming, les collègues ont décidé d’utiliser un mot neutre forgé dans la chaleur du débat : instruct. « Attention petit de pas tomber dans l’intruct ». Depuis, nos élèves nous regardent des leurs yeux émerveillés de nos trouvailles pour ne pas leur insuffler la peur du piège dans leur travail. Et nous fiers de notre réponse analytique à l’impulsion des nos instructeurs, nous nous abandonnons à la liesse d’effectuer un métier passionnant.
Par Alfred Lancelin
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Mardi 6 mai 2008
Notre sous-chef du Service Royal d’Instruction Monsieur Le Béheau est un pur produit de notre institution. Il a voué sa vie au Service Royal. Lentement, il est passé de maître d’école deuxième classe, à maître de première classe, puis il est devenu directeur d’école et formateur de maîtres. Ensuite, il a été reçu conseiller d’instruction pédagogique. Après quelques années, son dossier professionnel était suffisant pour postuler au concours de sous-chef du Service Royal. Son supérieur hiérarchique lui a fait la lettre de recommandations pour le jury. Monsieur le Béheau a écrit sa biographie et a été reçu à la deuxième fois (tout le monde est reçu à la deuxième, car il est normal d’être recalé à la première pour éprouver psychologiquement le candidat).

Monsieur le Béheau s’est retiré en compagnie des autres aspirants à l’Institution Royale du Poytier pendant une longue année. Là sont fabriqués, formés, formatés les sous chefs à leur noble mission. A leur sortie de Poytier, ils sont affectés à un des dix terroirs circulaires de notre cité-état. Tel un féodal pédagogique notre sous chef prendra possession de son terroir circulaire d’écoles, maîtres et élèves, dont il est le seul centre géométriquement acceptable.

 Voici une photo de Monsieur le Béheau en compagnie de deux conseillères d’instruction pédagogiques qui ont demandé à garder l’anonymat. Il s’agit de l’adoubement local à la maison royale d’instruction du quartier ouest. L’adoubement local est la dernière étape qui couronne le nouveau sous chef, l’adoubement royal est celui effectué à Poytier lors d’une cérémonie secrète dont les seuls sous chefs connaissent la teneur.

 

 

Par Alfred Lancelin
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Jeudi 24 avril 2008

En flânant dans le musée de l’Institut Unique de Formation des Maîtres, je suis tombé sur ce magnifique tableau. C’est le seul panneau qui nous est parvenu, d’un triptyque de la période dite de l’art pompier pédagogiste (fin du XIXe).  C’est un panneau de merisier peint à l’huile attribué à Jean Latirette de Medour : Les trois muses de l'enseignement, épistémologie, didactique et pédagogie, insufflant l'esprit au cerveau du maître d'école. Il y a trois ans, le concierge de l’IUFM, l’a découvert au grenier du site de Belle Ombre.




Par Alfred Lancelin
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Mercredi 23 avril 2008
Dans nos écoles baltudiennes, il y a une formalité qu’il faut accomplir tous les cinq ans. C’est la visitation. C’est l’équivalent de l’inspection de nos cousins enseignants français, mais chez nous, c’est un sous-chef du service royal qui s’acquitte de la tâche. Ce sont des personnages sympathiques et bienveillants, qui sillonnent les écoles pour contrôler la qualité de l’éducation royale baltudienne.

Hier, c’était notre chère collègue Elvire qui était visitée. C’est une collègue d’une grande expérience en maternelle et au talent artistique confirmé. Sa classe est un vrai plaisir à visiter tant les œuvres de ses élèves sont belles à regarder.

 Tout ce serait bien passé, si le sous-chef Monsieur Le Béheau n’avait justement pas remarqué le problème d’une telle exposition d’œuvres picturales. Elvire avait oublié un des textes fondamentaux de la sécurité des élèves : l’ordonnance royale du 25 juin 1980 portant approbation des dispositions générales du règlement de sécurité contre les risques d’incendie et de panique dans les établissements recevant du public. La vilaine. Ce texte pilier de la sécurité de nos chers enfants indique que : « l’affichage ne doit pas représenter plus de 20% de la superficie totale des parois verticales, sauf si les matériaux utilisés sont de catégorie M2 ». Et les feuilles de papier même recouvertes de peinture ne sont pas M2, même avec beaucoup de bonne volonté, non, non, non…

 Il ne lui reste plus qu’à retirer ces belles mais inflammables œuvres des murs de sa classe et battre sa coulpe des risques inconsidérés qu’elle a fait prendre à ses élèves toutes ses années. La vilaine, je le réécris. Elle pourra, ainsi, admirer 80 % des murs nus de sa classe, qui n’ont pas vu un pinceau depuis la construction de l’école dans les années soixante-dix. Pour l’aider, je me suis hasardé à proposer que nous fassions peindre les élèves sur des feuilles en téflon, mais il parait que c’est très dur d’en trouver. J’ai même recherché à fusionner les normes pour le classement des matériaux : M0 : incombustible  M1 : ininflammable  M2 : difficilement inflammable  M3 : moyennement inflammable, M4 : facilement inflammable et un catalogue de commandes scolaires, sans succès.

 Dans l’école de la cité royaume de Baltudie, on ne rigole pas tous les jours avec la sécurité, avec les enseignants, avec l’art non plus, mais ça c’est une autre histoire.

 
PS. Un cousin français m’a dit qu’il y avait la même chose en République. Chouette !

 

Par Alfred Lancelin
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander

Publicité

Présentation

Créer un Blog

Recherche

Calendrier

Novembre 2009
L M M J V S D
            1
2 3 4 5 6 7 8
9 10 11 12 13 14 15
16 17 18 19 20 21 22
23 24 25 26 27 28 29
30            
<< < > >>
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus